Deuxième discussion Miracle et longévité

Deuxième discussion Miracle et longévité

Nous avons vu que la longévité est possible du point de vue spéculatif. Maintenant, si nous imaginons que cela ne soit pas possible du point de vue spéculatif et que la loi de la vieillesse et de la sénilité soient infaillibles, de sorte à ce que l’humanité ne puisse jamais la faire fléchir ; qu’arrive-t-il dans ce cas?

Il faut alors dire que dans ce cas, la longévité d’individus comme Nûh et le Mahdî, la Paix soit sur eux deux, qui sont restés vivant durant des siècles, en contradiction avec les lois naturelles que la science moderne a établi, est alors de l’ordre du miracle.

Le miracle, lors d’une interruption spéciale «court-circuite» les lois naturelles afin de protéger la vie d’une personne à l’existence de laquelle est liée la Révélation céleste.

Le miracle de la longévité, du point de vue d’un musulman qui tire sa croyance du Noble Coran et de la Sunna, n’est pas limité à un individu et n’est pas incroyable. Par exemple, la loi de la nature fait que le corps qui a la plus grande température affecte le corps qui a une température moindre, jusqu’à arriver au point où les deux corps soient identiques de ce point de vue. La certitude de cette loi est plus importante que celle de la loi du vieillissement, alors que nous savons que cette loi a été «court-circuitée» afin de sauvegarder la vie du Prophète Ibrahim, la Paix soit sur lui, car c’était le seul moyen de le sauver ; lorsqu’il est tombé dans le feu il a été révélé :



«يا نار كوني برداً وسلاماً»[i][2]



«Ô feu ! Sois pour Ibrahim fraîcheur et paix»

Et Ibrahim sortit du feu sain et sauf de tout préjudice.

C’est ainsi que d’autres lois naturelles ont été «court-circuitées» pour un nombre de prophètes et d’arguments de Dieu sur la terre ; la mer s’est ouverte pour Musa, la Paix soit sur lui ; les romains ont crû avoir fait prisonnier ‘Issa, la Paix soit sur lui, alors qu’ils faisaient erreur ; le Prophète de l’Islam, Dieu le bénisse lui et les siens, alors qu’un groupe de nombreux qorayshites faisait le siège de sa maison et lui tenaient une embuscade depuis des heures, sortit de sa maison et passa au milieu d’eux tandis que Dieu le déroba à leurs regards.

Lors de tous ces exemples, les lois de la nature ont été «court-circuitées» pour la sécurité et la protection d’une personnalité ; car la sagesse divine exigeait qu’il reste en vie. La loi de la vieillesse peut elle aussi être comptée en tant que l’un de ces exemples.

L’on peut peut-être tirer une conclusion générale de ce qui s’est passé jusqu’ici, et cette conclusion est la suivante : à chaque fois que la protection de la vie d’un argument de Dieu sur la terre nécessite le «court-circuitage» des lois naturelles, à chaque fois que la poursuite de la vie de cette personnalité est obligatoire afin de mettre en oeuvre un plan important, à ce moment, la grâce divine devient la cause d’une interruption des lois naturelles. Mais lorsqu’une personnalité a accompli son devoir en Dieu, il meurt conformément aux lois naturelles ou tombe martyr.

Ici nous nous trouvons également en face d’une question : comment est-il possible qu’une loi soit «court-circuitée»? Comment se peut-il que l’articulation infaillible et obligatoire reliant des phénomènes soit rompue? N’y a-t-il pas là une contradiction avec la science? Une science qui a découvert les lois naturelles et sur la base de l’analyse et de l’induction logique en a fait connaître les articulations essentielles…

Il faut dire en réponse que la science elle-même en prenant du recul vis-à-vis de la réflexion sur le caractère essentiel des lois naturelles a répondu à cette question.

En voici l’explication : la science, sur la base de l’observation et de l’analyse découvre les lois naturelles ; si un phénomène naturel vient toujours à la suite d’un phénomène qui le précède, nous déduisons de cette articulation une loi générale qui dit qu’à chaque fois que l’on observe le premier phénomène, le deuxième phénomène vient à sa suite. Mais la science ne dit pas qu’il faut qu’il y ait entre ces deux phénomènes une articulation substantielle infaillible qui prenne son origine dans leur essence ; car l’infaillibilité et l’exigence constituent un état invisible que les outils scientifiques de laboratoire ne peuvent établir. C’est pourquoi la logique de la science moderne insiste sur le fait que les lois naturelles - de la manière dont la science les définit - ne parle pas de lien infaillible mais au contraire, parle de synchronisme continuel entre deux phénomènes. Ensuite, si un miracle se produit et sépare l’un de l’autre ces deux phénomènes naturels, de la même façon, une telle chose ne rompt pas à jamais un lien essentiel et infaillible.

La vérité est que le miracle au sens religieux est un mot qui est devenu compréhensible à la lumière de la science moderne, dépassant le point de vue de la science traditionnelle ; car le point de vue des anciens consistait en ce que tout phénomène, s’il est synchrone avec un autre phénomène ; le lien entre ces deux est incassable et on en concluait qu’il est impossible de les séparer l’un de l’autre. Or, selon la logique de la science d’aujourd’hui, ce lien est expliqué en tant que loi de simultanéité ou loi des «suites répétées». Cela sans que ce lien, cette articulation invisibles et infaillibles entre ces deux soient considérés comme une nécessité.

Avec ce regard, le miracle devient un état exceptionnel au sein de cette loi de simultanéité, sans que cela n’entre en collision avec une nécessité ou que cela n’aboutisse à une impossibilité.

Et nous, vis-à-vis de ce que nous avons accepté en tant que principe d’induction logique, nous sommes d’accord avec le point de vue de la science moderne et nous disons : l’induction ne présente pas de preuve à propos du lien essentiel entre deux phénomènes mais au contraire, cela ne fait qu’exprimer l’existence d’une définition commune de la simultanéité permanente et du synchronisme continuel entre deux phénomènes. De la même façon que l’on conçoit cette définition commune sur le principe d’un lien essentiel, l’on imagine à partir du principe de sagesse qu’il a été causé que l’ordre fondateur du monde a fixé des liens continuels entre les phénomènes choisis. Il est possible que cette même sagesse, à l’occasion, appelle l’exception qui dans ce cas donne une part au miracle.

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